David Lisnard ou le refus du renoncement... pour la France
Pourquoi le départ de David Lisnard des Républicains était devenu inévitable.
FRANCEDAVID LISNARDNOUVELLE ENERGIEPOLITIQUE

Il y a des départs qui relèvent de l’opportunisme. Et puis il y a ceux qui disent quelque chose de plus profond : une rupture entre des convictions et un appareil politique devenu incapable de porter une parole claire et fiable. Le départ de David Lisnard des Républicains appartient incontestablement à la seconde catégorie.
En dénonçant un processus interne qu’il estime verrouillé, David Lisnard ne fait pas seulement un procès d’intention à la direction de son ancien parti. Il pose une question essentielle : une formation politique peut-elle encore prétendre gouverner si elle refuse d’ouvrir le débat vers tous les français ?
Depuis plusieurs années, la droite française donne le sentiment d’osciller en permanence : un jour, tentée par un macronisme dont on peine encore à entrevoir une colonne vertébrale, le lendemain, tentée par une ligne plus nationaliste, sans jamais assumer un corpus idéologique clair et lisible. Ce que David Lisnard refuse, au fond, c’est cette instabilité stratégique permanente, ces changements de pied successifs, qui démonétisent la valeur de la parole publique.
À l’inverse, le maire de Cannes incarne une forme rare de cohérence politique dans le temps.
Depuis des années, à travers son action locale qui est reconnue et qui a été récompensée par une réélection dès le premier tour, à Cannes, avec un score de 81%, comme, à travers son mouvement Nouvelle Énergie, il défend une ligne claire qui s’articule autour d’une indispensable réduction de la dépense publique, d’une décentralisation réelle, de la responsabilisation des acteurs économiques, et de la réhabilitation de l’autorité de l’État dans ses missions régaliennes.
Cette ligne n’a pas varié. Elle n’a pas été ajustée au gré des sondages. Elle n’a pas été diluée dans des compromis tactiques. Et c’est précisément ce qui fait aujourd’hui la force et la singularité de David Lisnard.
Et parce qu’il s’est clairement positionné comme libéral, il faut, ici, lever un malentendu profondément ancré dans le débat public français où le terme “libéral” est systématiquement dévoyé. Dans le débat politique hexagonal, « libéral » est souvent utilisé comme synonyme d’ultra-capitalisme, comme un repoussoir idéologique, ou comme la caricature d’un État mqui serait totalement absent.
Or, la tradition ordo-libérale — à laquelle David Lisnard se rattache — dit exactement l’inverse : un État fort sur ses fonctions essentielles, des règles claires pour garantir la concurrence, une discipline budgétaire stricte, et une liberté économique encadrée pour favoriser une saine concurrence. Autrement dit : ni anarchie économique, ni étatisme inefficace.
Si ce modèle est mal compris en France, c’est autant par facilité politicienne que par ignorance. Il est plus simple de disqualifier une idée que de débattre sérieusement du sens qu’elle porte.
Car le pays est au pied du mur et la question de fond est là : quelle voie pour redresser le pays ?
La France fait face à une dette publique massive, une pression fiscale parmi les plus élevées des pays développés, une perte de compétitivité structurelle, une centralisation administrative paralysante. Quels que soient les gouvernants qui se succèdent, le déclassement national semble être considéré comme une fatalité avec laquelle les français devraient s’accommoder.
Dans ce contexte, continuer à hésiter, à bricoler, à empiler les compromis contradictoires n’est plus une option.
La voie ordo-libérale — discipline budgétaire, réforme structurelle, liberté économique encadrée — n’est pas une option idéologique parmi d’autres. Elle devient une nécessité.
C’est là que se situe, au fond, la singularité de David Lisnard. Car défendre cette ligne aujourd’hui en France exige une chose rare en politique : du courage !
Le courage de dire que l’État ne peut pas tout.
Le courage de dire que la dépense publique doit baisser.
Le courage de refuser les ambiguïtés électorales permanentes.
Là où beaucoup adaptent leur discours ou l’édulcore selon leur auditoire, David Lisnard maintient toujours son cap. Il est, par exemple, capable, devant un parterre de patrons, de dire qu’il préfère une baisse des charges qui entravent la compétitivité de nos entreprises plutôt que de les maintenir sous perfusion des aides publiques.
Son départ des Républicains ne doit pas être lu comme un affaiblissement. Il est au contraire révélateur d’un fait plus profond : la droite française peine à assumer une ligne claire et cohérente. Or, l’histoire politique montre souvent que les lignes minoritaires d’aujourd’hui deviennent les évidences de demain.
Soutenir David Lisnard aujourd’hui, ce n’est pas simplement soutenir un homme.
C’est faire le choix de la cohérence contre un opportunisme devenu trop visible, qui détourne les électeurs et alimente la crise civique. C’est défendre une vision exigeante face aux accommodements permanents. C’est, surtout, considérer que la France dispose des ressources pour engager son redressement mais qu’elle a besoin d’une ligne claire et de responsables capables de s’y tenir. Et sur ce point précis, David Lisnard apparaît comme l’un des rares à ne pas avoir renoncé.
C’est pourquoi j’appelle de mes vœux une candidature de David Lisnard à l’élection présidentielle de 2027. Non par goût du témoignage ou de la marginalité, mais précisément parce que je ne veux plus me résoudre à voter par défaut dès le premier tour, contraint de choisir entre des options éloignées de mes propres idées ou incohérentes. Une candidature de David Lisnard porterait autre chose : une ligne claire, assumée, constante. Elle ferait émerger une offre politique qui ne cherche pas à séduire tout le monde en renonçant à elle-même, mais à convaincre par la solidité de ses idées. Dans un paysage politique saturé de tactiques et d’ambiguïtés, une telle candidature ferait naître une espérance nouvelle — celle de pouvoir enfin voter pour, et non plus seulement contre. Vive Lisnard !
