Le sens de la fête
Réaction à la suite des scènes d'émeutes en marge de la victoire du PSG en Ligue des Champions
FRANCEPOLITIQUEDAVID LISNARD


Il paraît que la fête est un moment de joie collective, de communion populaire et de célébration. Le week-end dernier, à l'occasion des célébrations liées au sacre du PSG, certains ont manifestement voulu enrichir cette définition en y ajoutant quelques ingrédients : vitrines brisées, commerces pillés, mobilier urbain détruit, véhicules incendiés et affrontements avec les forces de l'ordre.
Voilà donc une conception singulière du « sens de la fête ». Une conception dans laquelle la liberté des uns consiste à détruire le bien commun payé par tous les autres.
Comme à chaque épisode de violences urbaines, les mêmes questions reviennent. Comment une minorité de casseurs peut-elle transformer un événement sportif en scène de dévastation ? Pourquoi ceux qui détruisent semblent-ils souvent moins inquiétés que ceux qui travaillent, entreprennent et respectent les règles communes ? Et surtout, quand la société cessera-t-elle d'envoyer le signal que l'on peut saccager sans véritable conséquence ?
Car chacun connaît désormais le scénario. Des centaines de milliers de citoyens célèbrent pacifiquement un événement. Une minorité de délinquants profite de l'occasion pour casser, voler ou incendier. Puis viennent les déclarations indignées, les promesses de fermeté et, quelques semaines plus tard, des sanctions qui paraîtront inversement proportionnelles à la bêtise et à la gravité des actes commis. Pendant ce temps, les commerçants comptent leurs pertes, les collectivités financent les réparations et les contribuables règlent la facture.
C'est précisément là que se pose une question fondamentale de justice. Pourquoi la collectivité devrait-elle continuer à financer, sans condition, ceux qui choisissent délibérément de nuire à cette même collectivité ? A ce titre, David Lisnard, président de Nouvelle Energie et candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2027, défend depuis longtemps un principe simple : la société n'a pas à subventionner ceux qui s'attaquent à elle. Ce principe mérite aujourd'hui d'être porté au cœur du débat public sans trembler face aux cris d'orfraie que ne manquera pas de pousser une gauche devenue sourde et aveugle à ce que vivent les classes populaires qui subissent et endurent ces situations.
La loi permet déjà qu'un individu, condamné pour certains faits, puisse être privé de ses droits civiques. Nous considérons alors que la violation grave du pacte républicain entraîne des conséquences sur l'exercice de certains droits. Pourquoi ce raisonnement ne pourrait-il pas être étendu aux droits sociaux pour les auteurs de dégradations volontaires et d'émeutes ?
Il est temps d'envisager un véritable pacte de responsabilité. Toute personne condamnée pour des actes de casse, de pillage ou de destruction volontaire de biens publics ou privés devrait pouvoir faire l'objet d'une suspension temporaire de certaines prestations non contributives : aides au logement, chèques exceptionnels, dispositifs de soutien facultatifs ou avantages sociaux financés par la solidarité nationale. Lorsque les auteurs sont mineurs, la responsabilité des parents devrait également être engagée, y compris sur le plan des avantages sociaux dont bénéficie le foyer.
L'idée n'est pas de nier la solidarité. Au contraire. La solidarité nationale repose sur un contrat implicite : chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins... dans le respect des règles communes. Mais lorsque certains utilisent les ressources de la collectivité tout en détruisant volontairement les biens qu'elle finance, ils rompent eux-mêmes ce contrat.
Le contribuable ne doit pas être condamné à une double peine. Une première fois lorsqu'il finance, par l'impôt, les dispositifs de soutien dont bénéficient les casseurs. Une seconde fois lorsqu'il doit financer la remise en état des équipements publics, le remplacement du mobilier détruit ou l'indemnisation des dégâts causés.
Une société libre ne peut prospérer que si les droits s'accompagnent de responsabilités. À force de dissocier les deux, nous avons créé un système où la sanction apparaît parfois théorique tandis que le coût des dégradations est bien réel pour ceux qui respectent les règles. Parce que le véritable sens de la fête, ce n'est pas de brûler ce que d'autres ont construit. C'est de pouvoir célébrer ensemble sans transformer chaque rassemblement populaire en exercice de réparation collective. Il serait temps que ceux qui choisissent la destruction en assument pleinement les conséquences, au lieu de les faire supporter à l'ensemble de la société.
l'esprit DAUMESNIL
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