Tribune – Pour l’alternance à Périgueux
Mon soutien personnel à Michel Cadet pour le second tour des élections municipales à Périgueux.
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Le premier tour des élections municipales à Périgueux a livré son verdict. Désormais, chacun est appelé à faire un bilan sincère de son vote et à regarder lucidement les enjeux du second tour. Comme souvent dans notre vie locale, ce scrutin a été, aussi, un moment de choix individuels, motivés par des ressorts parfois très personnels.
Pour ma part, mon choix du premier tour s’est porté sur la liste conduite par Antoine Audi. Il ne s’agissait, ni du résultat d’une réflexion longue et compliquée, ni d’une posture idéologique, encore moins d’une adhésion à des stratégies d’alliances (dont j’avoue avoir pu les trouver... improbables). Mon choix s’explique simplement (exclusivement, oserais-je dire) par la présence, sur cette liste, du plus grand nombre d’amis, de personnes que je connais, que j’estime et avec lesquelles j’ai déjà eu l’occasion de partager des engagements pour notre ville ou sur bien d’autres sujets. Ce fut aussi, pour moi, le choix d’une loyauté indéfectible vis-à-vis de celui qui m’avait manifesté sa confiance, en 2020, lorsqu’il m’avait proposé d’intégrer sa liste et son dispositif de campagne. Je ne l’oublie pas. Dans une élection locale, cette dimension humaine compte. Et j’aime à penser qu’il sera difficile à mes détracteurs, même les plus ardents, de venir me reprocher de telles motivations qui relèvent du sentiment et du sens que l'on peut donner à l'amitié.
Mais le premier tour est désormais derrière nous, et la responsabilité politique impose de regarder la situation telle qu’elle est. Le second tour ne se joue plus entre des sensibilités, mais entre des projets. Il pose clairement la question de l’avenir de Périgueux et d’une alternance politique que, pour ma part, j’appelle de mes vœux.
Je n’ai jamais caché, et ne cache toujours pas, mes réserves épidermiques à l’égard de certaines personnalités figurant sur la liste de Michel Cadet ou chez ses ses soutiens. Parmi elles, certaines ont joué, en 2020, un rôle particulièrement néfaste et se sont littéralement vautrées dans de basses manœuvres qui avaient conduit à faire battre l’ancien maire de l’époque. Jusqu’à jubiler publiquement, au soir de sa défaite. Cet épisode n’est pas oublié. Il n’est toujours pas digéré. Il ne le sera jamais, en fait.
Mais une élection municipale ne peut pas se résumer à des ressentiments personnels. Elle doit se tourner vers l’intérêt de la ville et de ses habitants. Or, sur ce point, ma conviction est claire : l’équipe municipale socialiste sortante doit être battue au soir du 22 mars prochain. À mes yeux, sa gestion financière des grands chantiers a été calamiteuse. Et ce point interroge sérieusement sur la manière dont l’argent public est administré à Périgueux.
La rénovation du stade de Périgueux en est certainement l’exemple emblématique, tant par la dérive significative des coûts, que par les choix qui ont été faits et qui ont cruellement manqué de pertinence. Et sur le plan de la maîtrise financière, le chantier de la rue Taillefer et de la place de la Clautre n’est pas en reste lorsqu’il s’agit d’observer l’envol des budgets. Il ne s’agit pas, là, de contester l’intérêt de tels projets. Ils étaient importants pour la ville et il est normal que chaque équipe municipale marque son passage par des évolutions visibles de la cité. Mais de tels projets, par leur envergure, méritaient une gestion rigoureuse, transparente et maîtrisée. Or, le sentiment qui domine, aujourd’hui, est celui d’une réflexion préalable inexistante, d’une improvisation totale, et d’une incapacité à tenir les cordons de la bourse. L’histoire d’une véritable gabegie, en fait.
C’est pourquoi, au second tour, malgré les réserves que j’ai pu exprimer sur la composition de sa liste, j’apporte mon soutien à Michel Cadet. Parce que l’alternance me paraît désormais nécessaire pour ouvrir une nouvelle étape dans la gestion municipale.
Les élections locales ne sont jamais des jugements définitifs ; elles sont des moments de responsabilité collective. À Périgueux, il s’agit aujourd’hui de tourner une page et de redonner à notre ville une gestion plus exigeante, plus transparente et plus attentive, notamment lorsqu’il s’agit de l’utilisation de l’argent public… c’est-à-dire celui du contribuable.
Et, s’il en était besoin, les derniers propos tenus par Emeric Lavitola contre celui qui est désormais son seul, et très sérieux, adversaire, ont fini de me convaincre de sortir de ma réserve. Parce que le discours moralisateur de cette gauche, qui n’a plus comme seul argument, pour tenter de diaboliser ses adversaires, que de leur intenter de faux procès d’extrême-droitisation, devient insupportable. En cédant à ce genre de facilités, la gauche se déshonore et ne fait que rabaisser le niveau du débat public. Et ce discours devient cocasse lorsqu’on observe, dans cette même période d’entre-deux tours, les conciliabules, plus ou moins discrets, les fusions ou désistements qui s’opèrent, ici ou là, entre des socialistes et des mélenchonistes.
Je connais Michel Cadet. Qu’il s’agisse des élections municipales de 2020 ou des départementales de 2021, j’ai eu l’occasion de travailler en étroite collaboration avec lui. Et j’ai d’ailleurs beaucoup aimé ces périodes, il le sait. Je connais sa capacité de travail qui est immense, son sens de la précision (qui, pour le coup, peut parfois se révéler excessif), son engagement qui est total lorsqu’il entreprend quelque chose. Si, comme je pense qu’il en la capacité, il s’impose comme un patron et ne se fait pas phagocyter par un entourage qui pourrait parfois lui nuire, Michel Cadet fera un bon maire de Périgueux en plaçant son mandat sous le double sceau de l’engagement pour la ville et de l’exigence pour lui-même.
En rédigeant ces quelques lignes, je n’ai pas la prétention de convaincre des électeurs, je reste trop attaché à ce que chacun puisse faire ses choix en conscience. Je souhaite juste exprimer une position personnelle, qui ne m’est dictée par personne, et dont certains passages pourront d'ailleurs être jugés sans concession à l’égard de celui à qui j’apporte mon soutien. Je le fais au nom d’un principe qui m’est cher et qui n'est pas négociable : ma liberté.
