Une primaire ouverte : la méthode exigeante de David Lisnard

Point de vue sur la méthode de départage défendue pas David Lisnard, Président de Nouvelle Energie et candidat déclaré à l'élection présidentiel de 2027.

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Pascal BILLAT

4/6/20263 min read

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la droite française se trouve à un tournant décisif de son histoire. Fragmentée, concurrencée, parfois tentée par le repli ou le compromis mou, elle doit pourtant proposer une alternative claire, crédible et ambitieuse pour redresser le pays. Dans ce contexte, la stratégie défendue par David Lisnard — celle d’une primaire ouverte — mérite d’être regardée avec sérieux, et même soutenue.

Soyons d'abord lucides : l’organisation d’un tel dispositif de départage est un défi considérable. Elle suppose de réunir des forces politiques diverses, aux cultures et aux ambitions parfois divergentes. Elle implique de s’accorder sur des règles du jeu communes — corps électoral, modalités de vote, financement, calendrier — dans un climat où la défiance interne n’a pas disparu. Elle expose aussi à des tensions, des rivalités, des désaccords programmatiques qui ne manqueront pas de s’exprimer au grand jour au sein même d'un parti politique.

Mais faut-il, pour ces raisons, y renoncer ? Certainement pas ! Car, derrière ces difficultés, se cache, en réalité, une opportunité démocratique majeure : celle de faire émerger, au terme d’un processus transparent et compétitif, un projet politique solide, assumé et légitimé par une base élargie. Là où les arrangements d’appareil produisent trop souvent des candidatures fragiles, contestées ou hors-sol, la primaire ouverte permet de trancher clairement, devant les Français, entre plusieurs visions.

L’alternative est connue. Elle est d’ailleurs défendue par ceux qui n’ont plus que le terme « socle commun » à la bouche. Elle consisterait à rechercher, à tout prix, une union préalable, négociée dans des cercles restreints, au nom d’un prétendu « rassemblement ». Mais cette union-là, si elle se fait par le plus petit dénominateur commun, a toutes les chances d’aboutir à un programme tiède, sans relief, incapable de répondre aux défis économiques, sécuritaires et éducatifs auxquels la France est confrontée. Parce qu’à force de vouloir ne fâcher personne, on finit par ne convaincre personne. Et surtout, on renonce à proposer les réformes structurelles dont le pays a urgemment besoin.

C’est précisément là que la stratégie de David Lisnard se distingue. Plutôt que de diluer les idées dans un compromis mou, il assume une ligne politique claire, qu’il promeut avec courage et constance. Ainsi, il se positionne au barycentre de la droite, non pas pour témoigner, puis s’effacer, mais pour entraîner. Son projet — libéral sur le plan économique, exigeant en matière de sécurité, ambitieux pour l’école — n’a pas vocation à être édulcoré pour plaire à tous. Il est conçu pour être défendu, argumenté, confronté, et finalement adopté s’il convainc.

Cette logique est extrêmement exigeante, mais elle est saine. Elle suppose que les différents prétendants ne cherchent pas à imposer leur candidature par défaut, mais qu’ils acceptent de se mesurer sur le fond. Elle permet aussi de créer une dynamique : plutôt que de s’aligner sur une synthèse minimale, les acteurs politiques sont incités à se rallier à un projet fort, structuré, cohérent. C’est ainsi que l’on construit une majorité d’idées, et non une simple coalition de circonstances.

En définitive, la primaire ouverte n’est pas seulement un outil de sélection des candidats ; elle est un moment de clarification politique. Elle oblige à dire ce que l’on veut vraiment pour la France, à assumer des choix, à débattre sans faux-semblants. Oui, elle est complexe à organiser. Oui, elle comporte des risques. Mais dans une démocratie représentative en quête de sens et de leadership, elle reste, sans doute, le meilleur moyen de faire émerger une offre politique à la hauteur des enjeux.

Plutôt que de craindre cette exigence, il faut l’embrasser. Car c’est à ce prix que la droite pourra retrouver non seulement l’unité, mais surtout la crédibilité.